
:: Madame Dégel est enfin arrivée! On avait hâte de lui voir le bout du nez! ::
Il est grand temps que je vous fasse un rapport sur mon
année toute crue, débutée le 1er janvier 2011... Le premier mois s'est très bien déroulé. Les filles mangeaient ce que je préparais sans rechigner, je crois que tout le monde avait grand besoin d'un nettoyage après les Fêtes. Je me sentais très bien, pleine d'énergie, seulement deux migraines dans tout le mois et pas d'envie aucune d'autres types de nourriture. À partir du deuxième mois, les filles ont commencé à ne plus vouloir manger ce qui leur était servi. Elles demandaient des pâtes, de la viande, du pain, etc. Je leur faisais du riz brun, du quinoa, des œufs... Je leur ai acheté du yogourt, mais c'était de pire en pire. L'heure des repas était en train de devenir un vrai cauchemar, un moment de tension pour tous...
J'ai donc commencé à faire des recettes crues plus élaborées (avec plus de noix et d'huile), le résultat n'était pas toujours concluant, mais nous avions quand même trouvé quelques recettes qui plaisaient à tous... Je les ai faites ad nauseam... J'avais de plus en plus de migraines (2 par semaine environ), même en restant 100 % cru. Et je me sentais fatiguée, besoin de sieste l'après-midi, pas d'énergie... Ça m'a un peu découragée... Je n'avais toutefois pas d'envie d'autres types d'aliments, même ceux que je cuisinais pour les filles.
Puis, au début mars, nous avons vendu la maison le même jour que ma mère a vendu la sienne et JF a suggéré d'aller fêter ça au resto... Ma première réaction a été de ne pas vouloir y aller, puis je me suis ravisée... C'était un resto auquel j'ai déjà travaillé qui venait de rouvrir ses portes... j'avais vraiment envie d'y aller. Je me remettrais au cru dès le lendemain... Ce fut délicieux (j'ai mangé de tout : blé, fromage, sucre raffiné) et je ne m'en suis pas porté plus mal (étonnamment). Et ce fut le début de la descente aux enfers, comme l'explique si bien Frédéric Patenaude dans son dernier livre Raw food controversies.
Les envies sont revenues au galop (les aliments qui contiennent du gluten, des produits laitiers, du sucre ou du sel ont réellement l'effet d'une drogue sur le système!) et je me suis mise à justifier les écarts... (il faut vider les réserves avant le déménagement : nous avons beaucoup de grains, farines et légumineuses, conserves maison en grandes quantités, j'en ai marre des chicanes autour de la nourriture avec les enfants, de toute façon, j'ai autant de migraines qu'avant, etc.).
J'ai aussitôt senti que mon ventre gonflait, que ma gorge se remplissait de mucus, que mes idées s'embrouillaient, que je baillais et que je m'endormais si je consommais des produits laitiers...
C'est à peu près à ce moment-là que j'ai terminé Raw food controversies de Patenaude, dans lequel il parle d'une diète principalement crue faible en gras (il y ajoute des patates sucrées, courge cuite, légumes vapeurs et riz brun à l'occasion, salsa cuite pour agrémenter sa salade sans huile, etc.) qui semblerait bien me convenir. Ce qui est clair, c'est que pour manger 100 % cru, je ne dois pas manger plus de 25-30 % de gras, sinon, je ne me sens pas bien et j'ai autant de migraines et peu d'énergie. Donc, je dois manger des tonnes de fruits et je ne réussis pas à tenir la diète faible en gras 100 % crue très longtemps, car je viens écœurée du goût sucré tout le temps...
Bref, dans un monde idéal, j'adopterais la diète principalement crue de Patenaude avec quelques légumes cuits ou riz brun le soir au goût. J'aimerais tout de même pouvoir faire des écarts lors d'événements sociaux. J'aime ça pouvoir aller manger au resto avec mon chum de temps en temps.... Je trouve ça pénible de traîner mon smoothie à la cabane à sucre quand tout le monde se régale... Le plaisir de partager un repas est tellement important pour moi, et depuis que je dois cuisiner d'autres repas pour les enfants (et ce n'est plus juste du quinoa et des œufs, c'est le retour aux repas sains, mais cuits, que je préparais avant...), je trouve ça très difficile et pénible de ne pas en manger. Je trouve ça tristounet de m'asseoir avec elles et de tétouiller mon smoothie et les regarder manger des burgers de millet...
Alors, elle est où la solution? J'ai tout pour me motiver : l'été arrive, on est sur le point d'acheter les billets pour le Costa Rica pour novembre prochain (donc un hiver plein de fruits tropicaux), des symptômes on ne peut plus clairs... mais Dieu que c'est dur! Ça prend une motivation et une volonté de fer... qu'un tout petit écart vient tout faire chambouler dans mon cas... Je crois que différentes personnes réagissent différemment aux écarts, mais les gens qui ont des intolérances alimentaires marquées (comme moi) ont une réaction plus forte...
Alors voilà, comme un alcoolique, je recommence chaque matin (avec un déjeuner cru, bien motivée) et me couche le ventre plein de nourriture cuite, pour me promettre de recommencer le lendemain...
Le pire, c'est que je me sens seule dans tout cela. On n'est pas nombreux à faire des choix si... intégristes... et j'ai bien peur que peu nombreux sont ceux qui peuvent réellement comprendre les défis auxquels je fais face...
Et vous, vous en pensez quoi?

Et nous avons travaillé avec l'histoire de La belle au bois dormant (la version originale) cette semaine, en plus d'aller deux fois en randonnée à Orford pour profiter des belles journées de printemps.

:: Dessin de Mara ::

:: Travail d'Aïsha ::
Je me replonge dans mes lectures sur le unschooling ces temps-ci... Ça me parle de plus en plus. Les filles se rebutent à ce que je leur propose, elles trouvent ça difficile, n'ont pas de plaisir, n'ont pas envie de faire l'école... Ça devient une bataille en laquelle je ne crois pas, le système scolaire à petite échelle... La raison principale qui me fait choisir et rechoisir l'école à la maison : tuer le plaisir d'apprendre, la petite flamme, la spontanéité de l'enfant dans son impulsion propre...
On a tellement plus de plaisir quand je laisse couler, les projets affluent, elles demandent à écrire et le font de leur propre gré et l'effort demandé est tellement différent (ça peut leur prendre 20 minutes à copier la phrase qui accompagne le conte, ce qu'elles font parfois comme de vraies zombies... tandis qu'elles me demandent de leur épeler des phrases et des phrases pour accompagner un livre de leur propre conception qu'elles écrivent à une vitesse incroyable!).
Je compte continuer à présenter des contes d'ici à la fin de l'année, nous ferons un bloc d'introduction des voyelles (elles l'ont demandé) et une révision des mathématiques si ça leur parle (mais là encore, je crois qu'elles sont trop jeunes, elles ne saisissent pas réellement). En fait, dans la pédagogie Waldorf, l'enfant devrait avoir 7 ans pour la majeure partie de l'année en première année et je vois clairement que certaines choses sont trop avancées pour elles, comme la flûte notamment... Puis, comme Mathilde se joint aux leçons, je ne veux pas tout faire à la vitesse des plus grandes, c'est décourageant et frustrant pour elle...
Je vais laisser voguer un peu... et je verrai quelle direction nous prendrons à l'automne...
Vous avez célébré la pleine lune? Ici, nous avons fait une belle soirée de danse gitane avec le cercle de femmes! Que de plaisir!