Tuesday, October 30, 2012

A lesson in letting go...

À notre retour du Costa Rica, je suis allée entendre la conférence d’Edith sur le radical unschooling au Symposium de l’AQED. J’étais prête à lâcher prise sur mes derniers bataillons : l’alimentation, les médias et l’heure du coucher. Pour l’heure du coucher, on en était déjà pas mal rendus-là et avec la vie sur la route, le soleil du Costa Rica qui se couche à 18 h et celui du Yukon qui se couche à 23 h, nous étions déjà plutôt flexibles, mais je n’en étais pas encore rendue au point de laisser les filles choisir quand elles iraient au lit. Je tenais trop à mes soirées tranquilles, un petit moment à moi, pour écrire, travailler ou être avec mon amoureux. Mais je tenais encore plus à ce que mes filles soient responsables de leur vie et qu’elles puissent réellement s’écouter.

When we came back from Costa Rica, I went to hear Edith’s talk on radical unschooling at the AQED Symposium. I was ready to let go of my last battalions: food, media and bedtime. For bedtime, we were pretty much there with life on the road, the sun of Costa Rica that goes down at 6pm and the Yukon’s that stays up till 11 pm. We were pretty flexible, but I had not yet reached the point of letting the girls choose when they would go to bed. I wanted my evenings of quiet to write, to work or to be with my love. But what I wanted even more was that my girls feel in charge of their lives and to learn to listen to their own inner voice.
:: Rules are everywhere. We don't need to create anymore in our family life./Les règles sont partout. Ce n'est pas nécessaire d'en créer d'autre pour régimenter notre vie de famille. ::

Un enfant qui a grandi dans la liberté sait bien nommer ses besoins et a des arguments entièrement justes. Peu à peu, les filles sont devenues entièrement responsables de leur horaire de sommeil. À l’heure actuelle, elles sont souvent au lit vers 20 h, elles lisent, dessinent ou écoutent des histoires enregistrées ou de la musique douce sur leur petit lecteur MP3 (très pratique dans les endroits bruyants!). Il n’y a pas de chicanes, pas de discussions ou de négociations. Elles vont même souvent au lit plus tôt qu’avant!! Elles sont vraiment libres d’écouter leur corps et ses signaux… c’est merveilleux! Et quand elles choisissent d’écouter des histoires sur leur MP3 un peu trop tard et qu’elles ne sentent pas en grande forme, elles font le lien et font souvent un choix différent la fois suivante. Petit article sur le sujet ici.

A child who grew up free knows her needs and her arguments are entirely accurate. Gradually, the girls became fully responsible for their sleep schedule. Now, they are often in bed at around 8pm, they read, draw or listen to recorded stories or soft music on their MP3 player (very useful in noisy places!). There are no battles, discussions nor negotiations. They will often even go to bed earlier than before! They are truly free to listen to their bodies and its signals... it is wonderful! And when they choose to listen to stories on their MP3 late at night and do not feel in great shape the day after when we go hiking, they see the connexion and often make a different choice the next time. Short article on this subject here.

:: Decadent deserts and homemade icecream at Café Diablo, in Torrey, Utah. Desserts décadents et crème glacée maison au Café Diablo, à Torrey, au Utah. ::

Pour la nourriture, elles ont le contrôle total de leur horaire et de ce qu’elles veulent manger. Elles ont en permanence un panier rempli de collations à leur choix dans la voiture (fruits, légumes, noix, smoothies, barres de fruits, barres d’énergies, craquelins, etc.) et elles mangent quand elles veulent. Bien sûr, il se peut que quand l’heure du repas arrive, l’une d’elles n’ait pas faim et nous respectons cela. La dernière chose que je veux apprendre à mes filles c’est de manger quand elles n’ont pas faim parce que c’est l’heure du repas. On choisit les recettes de la semaine ensemble et on fait l’épicerie ensemble. On essaie de dire oui le plus possible à ce qu’elles demandent, dans la mesure de nos moyens. Excellent article sur la nourriture ici.

In regards to food, they have full control of their schedules and of what they want to eat. They constantly have a basket filled with snacks of their choice in the car (fruits, vegetables, nuts, smoothies, fruit bars, energy bars, crackers, etc.). They eat what they want, when they want. Of course, it is possible that when meal time arrives, one of them is not hungry and we respect that. The last thing I want to teach my girls is to eat when they are not hungry because it is mealtime. We choose the recipes of the week together and do the grocery shopping together. We try to say yes as much as possible to what they want, while respecting our budget. Great article about food here.

:: Making pretend donuts./Les filles préparent des beignes de sable. ::

In Parenting A Free Child: An Unschooled Life, Kream explains, “My children have always made their own food choices and have well balanced, nutritious diets. They do not think of food as good or bad but as fuel for their bodies. They have never wanted any food badly enough to beg for it because they have never had to beg for any food. They eat when they are hungry and stop when they are full. How many adults who were controlled as children wish they had that ability?”

:: Homemade popcorn for a windy afternoon snack./Du bon maïs soufflé maison en collation par un après-midi venteux. ::
Pour ce qui est des médias, ceux qui me connaissent sauront qu’avec mon background Waldorf, j’étais TRÈS anti-médias. Peu à peu, et avec le temps, mon idée a évolué sur le sujet. Au Costa Rica, il n’y avait pas de limite sur ce qu’on pouvait télécharger en ligne et JF a trouvé plusieurs beaux films Imax sur des animaux et des représentations du Cirque du Soleil. Puis, au retour au Québec, nous les avons initiées à Fifi Brindacier et Passe-Partout. Nous regardions les épisodes avec elles et c’était un grand bonheur de les voir rigoler et adorer ça.

Regarding the media, those who know me know that with my Waldorf background, I was VERY anti-media. Gradually, and with time, my idea has evolved on the subject. In Costa Rica, there was no limit on what we could download online and JF found several beautiful Imax films on animals and performances of the Cirque du Soleil. Then, when we returned to Quebec, we introduced them to Pippi Longstocking and Passe-Partout. We watched the episodes with them and it was a delight to see them laugh and love it.
:: Friday night camping in the beautiful middle of nowhere (we put on music and dansed!)./Camping du vendredi soir dans le (magnifique) milieu de nulle part (on a même mis de la musique et on a dansé!). ::

Quand JF est arrivé à la maison avec un camion (pour tirer la roulotte) doté d’un lecteur DVD, j’ai eu peur. Nous qui n’avions jamais eu de télévision. Nini nous avait donné le premier coffret de Passe-Partout que ses garçons ne regardaient plus… Après deux semaines de route à regarder des Passe-Partout en boucle, elles parlaient maintenant avec les intonations de Pruneau et Cannelle et JF et moi nous demandions si nous avions vraiment pris la bonne décision de leur laisser le contrôle total de l’écran. J’ai beaucoup échangé sur le sujet pendant cette période sur les listes de unschooling, dont la liste d’Edith (en français). Une journée, exaspérés de voir que les filles ne portaient qu’une attention distraite aux beaux paysages que nous leur pointions, nous avons décidé d’instaurer la règle qu’elles pouvaient commencer à regarder à partir de 16 h. Bien évidemment, elles ont passé la journée à demander s’il était 16 h. On créait ainsi un intérêt démesuré pour cet interdit… un classique! Nous nous sommes rapidement ravisés…

When JF came home with a truck (to pull the trailer) with a DVD player, I was afraid. We never had a TV since the girls were babies. Nini gave us a Passe-Partout DVD colleciton her boys didn’t watch anymore... After two weeks on the road watching Passe-Partout, they spoke now with Pruneau and Cannelle’s intonations and JF and I were wondering if we had really made the right decision to allow them total control of the screen. I shared a lot on the subject during this period on unschooling lists, including Edith’s list (in French). One day, exasperated to see that the girls paid little attention to the beautiful landscapes we pointed to them, we decided to establish the rule that they could start looking from 4pm. Obviously, they spent the day asking if it was 4pm. We thus created an enormous interest for this ... the last thing we wanted! We quickly changed our minds...
:: And what a wonderful sunset in the desert we had that night./Et quel merveilleux coucher de soleil nous avons eu dans le désert ce soir-là. ::
Depuis, nous avons acheté plusieurs DVD et nous sommes heureux de les entendre chanter les chansons de Mary Poppins, d’apprendre l’anglais en regardant The last Unicorn. L’autre jour, j’ai bien rigolé quand Mara m’a dit que Elmo skypait avec Cookie Monster quand en fait, on le voyait dans une télévision encastrée dans les vieux meubles en bois de l’époque! Vive les vieux classiques!

Since then, we bought several DVDs and we are happy to hear them sing the songs of Mary Poppins or to learn some English while watching The Last Unicorn. The other day, I had a good laugh when Mara told me that Elmo was skyping with Cookie Monster! You could actually see Cookie Monster in an old wooden-frame TV! Long live to the old classics!

:: A photo that will make all my Waldorf friends cringe./Une photo qui révulsera mes amis Waldorf. ::
Aujourd’hui, elles choisissent d’elles-mêmes de regarder la télévision ou de ne pas la regarder quand on roule (honnêtement, elle est pas mal plus souvent ouverte que fermée!) et on est de plus en plus en paix avec ça. Ça me permet de réfléchir quand JF conduit et ça nous permet d’avoir de beaux moments ensemble à discuter sans qu’il n’y ait de petites oreilles attentives! Puis, je sais pertinemment que regarder le paysage défiler est beaucoup plus intéressant pour des adultes que pour des enfants. Je me souviens bien d’avoir fait le tour de la Gaspésie avec mon père à l’âge de 13 ans, allongée sur la banquette arrière du West, branchée sur mon Walkman à écouter du Iron Maiden, et mon père qui me taquinait en me disant toutes les beautés que je ne voyais pas dehors… Les temps changent!

Today, they choose by themselves to watch or not television when we are driving (honestly, it is quite often turned on!) And we are more at peace with it. It allows me to think while JF can drive peacefully and it allows us to have a nice moment together to discuss when there are no small attentive ears! Moreover, I know that watching the landscape is much more interesting for adults as for children. I remember having toured the Gaspésie with my father at the age of 13, lying on the back seat of the Westfalia, plugged into my Walkman listening to Iron Maiden, and my father was teasing me by describing all the beauties I was missing outside... Times are changing!

Bref, je ne peux pas dire que j’ai complètement laissé tomber le contrôle, mais que je ne contrôle pas l’enfant, mais plutôt son environnement, dans la mesure du possible. Par exemple, on essaie d’aller magasiner chez Cosco tôt le matin, avant que les démonstrations de nourriture ne soient commencées (source de bien des demandes d’achats…), on choisit des films qui leur conviennent et qui n’occasionneront pas de cauchemars, on va faire l’épicerie dans des magasins d’aliments naturels où la plupart des aliments sont sains et on peut dire oui à leurs demandes la plupart du temps.
:: Nobody is forced to drink green juice and green smoothies in our family. The girls came up with their own combination that they like. Here we have a green juice made by Aïsha (red grapes, parsley, kale and spinach in the Champion juicer) and a green smoothie by Mara (bananas, peaches, cherries, spinach and water) *The Bolthouse Farms bottle is great to carry our own smoothies while hiking./Personne n'est forcé à boire du jus vert ou des smoothies verts dans notre famille. Les filles inventent leurs propres combinaisons. Ici, on a jus vert d'Aïsha (raisins rouges, persil, kale et épinards passés au Champion) et un smoothie vert par Mara (bananes, pêches, cerises, épinards et eau, passés dans le Vitamix). *La bouteille Bolthouse Farms est idéale pour transporter nos smoothies en rando. ::

Anyway, I cannot say that I completely dropped control, but I do not control the child, I rather control her environment, when this is possible. For example, we try to go shopping at Cosco early in the morning before food demonstrations are started (a source of many purchase requests...), we choose films that suit them and will not cause nightmares, we go grocery shopping in natural food stores where most foods are healthy and we can say yes to their requests most of the time.

Et est-ce que nos filles ont des tâches? Doivent-elles faire la vaisselle, faire leurs lits et sortir les vidanges? Non, pas du tout. Est-ce que je ne les éduque pas? Deviendront-elles des adultes malpropres qui ne rangent jamais leur chambre? Je ne pense pas. Mes filles sont les bienvenues à se joindre à nous si elles ont envie. Elles aident souvent à la préparation des repas, parce qu’elles aiment cela. Mathilde aime faire la vaisselle parfois, mais c’est surtout JF et moi qui nous en occupons. Est-ce que ça veut dire que c'est moi qui doit tout faire? Qu’apprennent les enfants forcés à accomplir des tâches? Les responsabilités? Non. La frustration plutôt. Je préfère de loin avoir une petite Mara qui dessine à côté de moi en chantonnant pendant que je lave la vaisselle! Excellent article sur les tâches ici.

And do my children have tasks? Do they have to wash the dishes, make their beds and take out the garbage? No, not at all. Am I failing to educate them? Will they be grown-ups that never clean up their rooms and live like slobs? I don’t believe so. My girls are welcome to join and help whenever they feel like doing so. They are often preparing meals because they love to do so. Mathilde likes to wash the dishes sometimes, but it’s mostly JF and I that do so. Does that mean I have to do everything? What do they learn by being forced to accomplish their tasks? Responsibility? No. Frustration. I’d rather have a happy little Mara drawing besides me while I was the dishes! Great article on chores here.

Si seulement on pouvait mettre nos peurs de côté et faire confiance. C’est tellement simple. Et tellement merveilleux pour les enfants, pour notre relation avec eux et pour tout le bonheur et la joie qui en découlent.

If only we could truly let go of our fears, and just trust. It is so very simple. And so empowering for children, so wonderful for our relationship and for the happiness and joy that come with it.

Excerpt from this excellent article that I highly suggest your read entirely:
In her book Kream discussed what many call “radical unschooling” (although just as many avoid labels altogether). Definitions will vary but for me “unschooling” or “natural learning” is allowing the child to define their own learning journey with no externally imposed curriculum or agenda.
“Radical unschooling” is a more recent term that often describes extending this trust and autonomy completely through the child’s life in all its many aspects.

At the time Anne and I were trying to create a very particular environment for our children that included no TV, mostly wooden and natural toys, organic non processed food and so on. The thought of letting go of this and letting our children choose was almost unimaginable. 

We had countless fears – my worst nightmare was that it would create self centered, selfish, junk food eating couch potatoes through permissive parenting. Even at my more optimistic moments food and TV were big concerns.

Yet we kept wondering, “what if it could work for us? What if we could let go of control and live joyous, healthy and rewarding lives while supporting the growth of empowered, caring and free children…”

Please comment if you'd like to discuss this more in depth!

N'hésitez pas à laisser un commentaire si vous voulez discuter de tout cela plus en détails!


Penny said...

An absolutely wonderful post Catherine. So very inspiring. You obviously put a lot of thought and care into how you live and what you share here inspires me greatly.

My inner control-freak has been out of control due to a very hard month of sad things (my father passed away 2 weeks ago) that were very much NOT in my control. Your post is the breath of fresh air and the dose of good sense I need to find a happier tomorrow.

Thank you so much for sharing. As always, but especially this post with these links today. You have done me a wonderful favor :)

Anonymous said...

Bonjour Catherine,
Je suis une maman de 11 enfants et chez nous la règle est journée d'école coucher maximum 20h00 et week end 21h00. Cette règle est là car j'ai deux enfants médicamentés et si je fais comme toi il est rendu 23h00 et ils s'amusent encore...le lendemain le levé est impossible. Pour les autres c'est souvent eux qu'ils demandent d'aller se coucher . Il est souvent 19h30.

J'adore ton blogue Catherine. Je te lis à tous les jours.

A bientôt

clemferrat said...

Merci Catherine pour ton article qui est encore une fois bien intéressant et surtout bien inspirant. La partie sur les dodos m'a particulièrement touché même si nos filles n'ont pas le même âge. Nous avons essayé diverses "techniques" pour notre poulette et au final on se rend bien compte que cela ne sert à rien de forcer un enfant à dormir (et surtout cela ne fonctionne pas). Notre éducation et surement la société actuelle nous a mis pleins de concepts de "dressage" d'enfants dans la tête et c'est parfois difficile de s'en détacher. J'étais aussi persuadée que de laisser faire un enfant allait en faire un enfant capricieux...mais ma petite fille me prouve le contraire aujourd'hui... Mon nouveau credo est de faire confiance à mon enfant tout en instaurant quand même quelques petites règles de base.

Pour les repas nous n'avons pas encore été confrontés à ce type de situations mais je trouverai difficile de lâcher prise parce que pour moi le repas est un moment privilégié que j'aime passer en famille. Nous ne la forçons jamais à manger mais elle est à table avec nous parfois avec ses petits livres.

Je note tous les articles que tu as mis en lien. J'ai hâte de les lire.

Catherine said...

Penny, I am so sorry for your loss... My deepest sympathies to you... I am glad my post was helpful to you... Yes, letting go of all that is not in our control is the best thing we can do...

Carmen, je comprends bien que la réalité d'une maman de 11 enfants (dont certains qui sont médicamentés) est bien différente de la nôtre. Chapeau à toi! Et au plaisir de te lire encore!

Clem, je comprends bien ce que tu dis pour les repas, mais tu vois, les enfants qui sont bien dans leur famille ont naturellement envie de se joindre aux autres à l'heure des repas, car c'est justement un beau moment de discussion. Qu'elles aient faim ou non, nos filles sont presque toujours à table avec nous!

Anonymous said...

Merci d'alimenter ma réflexion Catherine. J'envisage un jour du unschooling, mais pour le moment nous sommes dans un rythme plus conventionnel, avec le lever obligatoire le lendemain et tout. Mon fils a beaucoup de mal à "obéir" et est beaucoup plus heureux sans contraintes. Cependant, comme il est exubérant, très émotif et énergique, il peut facilement devenir inapproprié dans ses comportements. Je sens donc qu'il a besoin d'un cadre en même temps qu'il a besoin de liberté. Ce n'est donc pas toujours évident de tracer la ligne juste, celle qui le respecte mais aussi l'aide à bien vivre en société. Je n'ai pas vraiment de réponse, j'y vais à l'instinct. Mais c'est plaisant de te lire, d'en recevoir de l'inspiration et de continuer de travailler pour vivre toujours de plus en plus en accord avec notre coeur.
Isabelle Fortin-Rondeau

Marie-Paule said...

Vraiment très intéressant, j'aime beaucoup le parallèle avec le voyage, et avec tes photos, magnifiques.
C'est logique de penser que si elles sont amenées à s'écouter, elles sauront ce qui est bon pour elles ou pas. Mais pas toujours évident pour les parents.
Merci pour les liens et pour ce partage, très inspirant.

Marianne said...

Au risque de me répéter, j'adore ta manière de présenter pas seulement ta vision des choses, mais ton cheminement, tes remises en questions... C'est un sujet que je trouve très intéressant. Quand je lis là-dessus, j’ai souvent tendance à être d’accord avec ce que je lis, chaque approche ayant sa logique et quand c’est bien articulé, ça fait plein de sens! ; ) Voici quelques idées, ce n’est pas le fruit d’une longue expérience mais une réflexion sur le sujet en espérant que la discussion se poursuive!

En complément à la confiance en l'enfant, il y a aussi la confiance en la "communauté", qui varie avec le temps, l'âge, l'endroit, le mode de vie. C'est normal de vouloir laisser son enfant libre à l'intérieur de certaines limites liées à un environnement et à une communauté en laquelle nous avons confiance. Et j'inclus ici le choix des produits de consommation, c'est normal d'avoir plus ou moins confiance en certaines choses et en ceux qui les produisent. Par exemple, je trouve logique de laisser plus de liberté dans un magasin bio que nous avons bien sélectionné plutôt que dans un Wal-Mart; de laisser plus de liberté dans sa rue et son quartier que lors d’une balade au centre-ville; de laisser plus de liberté à regarder des DVD que lorsqu’on zappe devant la télé au hasard. Peut-être qu’atteindre le mode de vie idéal pour nous, c’est justement avoir un environnement et une communauté qui correspond à nos valeurs et qui nous permet d’être libres? Ce sera beaucoup plus difficile par exemple pour ceux qui habitent dans des zones de conflits, des quartiers violents, des milieux insalubres, etc. Il ne peut y avoir de véritable liberté de l’enfant sans que celui-ci puisse en toute sécurité et liberté revenir aussi vers ses parents. La limite est parfois floue.

Je pense qu'il y a un équilibre à avoir entre d’une part accompagner notre enfant dans son apprentissage de ses besoins et de ses limites, aptitudes essentielles, et, d’autre part, lui demander de faire face aux "machines" de marketing qui veulent lui faire consommer des émissions, des produits de toutes sortes. L'offre est immense et les moyens déployés tellement envahissants et omniprésents que c'est une tâche énorme et pas nécessairement plaisante ou saine de toujours faire des choix. Ma grand-mère me dit souvent à quel point c’est déstabilisant pour elle de faire l’épicerie… Dans laquelle des 10 épiceries aller? Puis, elle ne connait pas la moitié des produits ni où ils sont. Une allée complète de dentifrice! C’est déstabilisant, c’est une quantité d’énergie énorme à investir. Elle est bien contente quand on fait l’épicerie et le repas pour elle. Nos aïeuls ont lutté pour que notre génération puisse avoir le choix. On s’est tellement fait dire « garde toutes les portes ouvertes pour avoir le choix! Tu pourras faire ce que tu veux, plus tard! » Mais j’en connais plus d’un qui à force que vouloir garder toutes les portes ouvertes pour pouvoir tout faire finissent par ne jamais choisir.

Donc, cela soulève quelques questions. Qu’est-ce que la liberté? Qu’est-ce qu’un choix et sur quelles bases le fait-on? Comment sont liés (ou non) les choix, la liberté et le bonheur?

J’adore ta phrase « Si seulement on pouvait mettre nos peurs de côté et faire confiance. C’est tellement simple. (…) » On pourrait dire la même chose par rapport aux voisins, aux immigrants, aux pays lointains, etc. Le climat de peur et d’insécurité réel ou imaginé se répercute inévitablement dans nos vies. Ce besoin de contrôler, de limiter, de préserver, il vient en partie de la peur de l’autre et de la consommation effrénée. C’est une chose de faire confiance à ses enfants, une autre d’élargir cette confiance à l’Humanité!

Enfin, je pense que c’est tout lié mais je suis consciente que c’est un peu décousu comme texte.
Merci Catherine pour l’occasion de réfléchir là-dessus, et c'est toujours un plaisir de lire ton point de vue!

Anonymous said...

Salut Catherine,

It's been a long while since I have left a comment...I really admire you. This post offered me a lot of reflection..your sharing helps me be able to see and understand that letting go of control is not all a bad thing...some of what you do I could implement and some not...as a mom of two special needs boys if I was to let them choose their bed time and media...well I would likely jump off a bridge LOL...those two areas are in place for their safety and our sanity :) thank you so much for being who you are...wish I was on the road with you...

Catherine said...

Merci Isabelle de ton commentaire. Effectivement, il faut voir ce qui fonctionne pour nos enfants... Parfois, certains comportements sont exacerbés par notre contrôle.

Nadine, I am glad to read you. Of course, with children with special needs, it is different. I am sure you do what is best for your family.

Catherine said...

Marianne, quelle belle réflexion tu fais! Oui, c'est tout à fait ce que j'entends par contrôler/choisir l'environnement de l'enfant. Au Yukon, dans une petite communauté en laquelle j'ai entièrement confiance, je peux laisser mes filles totalement libres d'aller chez les uns et les autres, de se balader seules au parc pendant une fête, car je sais qu'elles sont entourées de personnes bienveillantes, qui partagent des valeurs semblables aux nôtres. En voyage, c'est différent... Pour ce qui est de la société de consommation, je crois que le plus important est d'être AVEC son enfant, devant la télé, au magasin, etc. pour en discuter et faire des réflexions ENSEMBLE. Pour moi, c'est ça la clé.

Catherine said...

Pour celles d'entre vous qui ont des enfants à besoins spéciaux, il y a cet article de Sandra Dodd (avec pleins de liens) que je trouve intéressant :


Il y a une discussion qui se déroule actuellement sur son groupe de discussion yahoo (Alwayslearning) sur le unschooling et les enfants à besoins spéciaux.

For those of you with special needs children, here's a great article by Sandra Dodd :

There is currently a discussion on her yahoo group (Alwayslearning) on unschooling and special needs children.

joanna said...

toute une réflexion ma chère...
quel chemin parcouru depuis que je t'ai rencontré pr la première fois il y a environ 2 ans... du Waldorf total au unschooling total... comme tu dis, tu fais pas les choses à moitié toi `:O)
je pense que l'essentiel en fait est d'avoir un mode de vie où les parents sont heureux et qui leur convient et ca, les enfants le sentent.
je pense pas qu'il ya UNE seule bonne facon de faire (waldorf, unschooling ou autre) ms que l'imporant est que les parents et la famille trouve son propre équilibre et surtout que les parents s'entendent et se chicanent pas tout le temps.

je t'avoue que l'histoire de la télé j'ai de la misère... ms c est peut être une question d'âge des enfants. je pense pas qu'un enfant de 2 ans par exemple puisse faire 100% les choix qui sont bons pr lui, puisse s'écouter à fond car la pub est très très puissante, bcp plus puissante que lui. c'est david contre golliath.

merci pr ce partage très intéressant, pratico pratique et intime de votre vie actuelle!
j'aime tjrs autant te lire!

gros becs

PS: waw marianne, tu m'impressionnes toujours autant avec ta réflexion si nuancée... on fait pas des docs pr rien ds la vie :O)

Marianne said...

Je suis assez d'accord avec toi Joanna, et moi aussi j'ai bien de la misère avec les écrans pour l'instant. J'aime bien ta réflexion sur le bonheur des parents... Il y a tellement de familles avec des problèmes de violence, de pauvreté, d'accès à des ressources de toutes sortes. C'est d'autant plus beau de lire le blogue de Catherine!!

Et oui Catherine, tu as raison, peu importe le plus important est de ne pas laisser son enfant seul dans tout ça, le monde est ce qu'il est et nous devons les accompagner là-dedans, j'essaierai de m'en souvenir! :)

lored said...

Merci Catherine pour ce billet, encore une fois, tellement inspirant.
J'aimerais revenir sur cette histoire de télé car c'est le seul point qui me chagrine dans ton texte (et d'ailleurs dans tout ce que j'ai lu de toi jusqu'à présent !)
Je suis en train de lire "TV Lobotomie - La vérité scientifique sur les effets de la télévision" de Michel Desmurget (docteur en neurosciences). Ce livre s'appuie sur 1193 références bibliographiques parus dans des études scientifiques sur la question. Avant de commencer, je me suis dit que j'allais encore lire le même type de discours habituel sur la violence à la TV, mais c'est beaucoup plus que ça, en fait je suis totalement effarée, révoltée et malade de tout ce que je lis.
La TV (y compris les programmes pour enfants) est puissamment nocive, et je pèse mes mots.
Si tu veux avoir une idée sur le bouquin, il y a une très bonne vidéo d'une conférence de l'auteur. Ca dure 1h30 mais ça vaut vraiment le coup, vraiment. En plus ce n'est pas du tout ennuyant.
Voilà un lien vers la vidéo si tu veux :
A bientôt !

Catherine said...

Marianne, Joanna et Laurence, je constate que je me suis mal exprimée pour ce qui est des médias et je suis en train d'écrire un autre billet sur le sujet. Au plaisir de poursuivre la discussion avec vous!

Catherine said...

Laurence, je viens d'écouter plus de la moitié du documentaire et je dois dire que je trouve ça très dramatique et que ça ne me parle pas du tout. C'est encore une fois des idées tellement ancrées dans la peur de la non-réussite scolaire, d'un QI plus faible, de la non-admission à l'Université. Franchement! On en met vraiment beaucoup sur le dos de la télévision. Et il ne faut pas mêler télévision et publicité... et surtout, le plus gros problème, le fait que les jeunes sont de plus en plus laissés à eux-même devant l'écran... Enfin, je trouve vraiment que tout cela est démesuré et basé dans les peurs.

lored said...

Je ne me souviens pas en détails du vidéo, je suis en train de lire le livre. Peut-être cela t'a semblé dramatique, sans doute le ton peut sembler baser sur la peur, et donc cette peur de tout que l'on nous martèle sans cesse et qui m'horripile moi aussi. Mais honnêtement, les chiffres qu'il avance, et les études sur lesquelles il s'appuie, tu ne peux pas les nier. Il y a eu des centaines d'études, dans plusieurs parties du monde. Elles se rejoignent malheureusement toutes...
Par ex, "La télévision détruit également le mécanisme cérébral qui permet l’attention et la concentration. Explication : il existe deux sortes d’attention, l’attention captée et l’attention dirigée. L’attention captée est innée, elle existe chez les animaux aussi, elle relève du réflexe : quand quelque chose apparaît dans l’environnement l’attention se porte dessus. C’est ce type de réflexe attentionnel que la télévision capte chez l’enfant avec des images rapides et colorées. Mais il faut savoir qu’un réflexe, si il est constamment sollicité, use le potentiel cérébral. Hormis le fait qu’à court terme, il est très difficile pour un enfant de se concentrer sur une autre tâche après avoir regardé la télévision, la mobilisation constante de l’attention captée empêche le développement du circuit cérébral de l’attention dirigée, qui elle doit s’apprendre. Ce mécanisme se développe tout au long de la vie , il permet la concentration, et pour parler clairement, le développement de l’intelligence (hiérarchisation et ordonnancement des informations dans le cerveau). Or une étude a mesuré les effets de la télévision sur l’attention dirigée. Ces effets sont cumulatifs : 1 heure par jour de télévision à trois ans induit une multiplication par deux de probabilités de troubles attentionnels à 8ans ; 1 heure par jour à 8 ans augmente de 50% cette probabilité ; 1 heure par jour à 14 ans augmente ce risque de 44%. Et si un enfant montre des troubles attentionnels à 16 ans, son risque d’échec scolaire est multiplié par 4."
Ou encore
"Une autre étude réalisée sur des enfants de 0 à 3 ans a montré que le fait de simplement placer un enfant dans un environnement dans lequel une télévision est allumée (même si il ne la regarde pas), provoque chez l’enfant tous les symptômes de ce que les pédopsychiatres considèrent comme un retard de développement (changement fréquent de jouet, schémas ludiques moins riches, plages de jeu raccourcies, manque de concentration pendant les plages de jeu)."

Et il y a plein d'ex de ce type :(

Alors bien sur il y a peut-être certains arguments qui t’ont semblé des raccourcis rapides et faciles dans la vidéo (genre les enfants qui regardent trop la TV auront un faible QI et n’iront pas à l’université) mais la vidéo n’est qu’une présentation du livre, il ne faut pas l’oublier.

Quand tu dis que la télé et la pub ce n'est pas pareil, je comprends ce que tu veux dire bien sur, mais malheureusement tous les parents ne mettent pas leurs enfants devant un dvd choisi (et donc sans pub) et la pub fait partie de bon nombre de programmes pour enfants à la télé (du moins en France).

Je suis 100% d’accord avec toi quand tu écris que le plus gros problème reste le fait que les jeunes sont de plus en plus laissés à eux-mêmes devant l'écran !

Catherine said...

Laurence, j'entends ce que tu dis et j'ai lu ces constatations dans d'autres livres auparavant. Je publierai ce soir ou ce matin mon point de vue là-dessus dans un nouveau billet. En gros, ces études ont été réalisées chez des enfants scolarisés qui vivent dans un contexte tellement différent que les enfants non-scolarisés (en termes de réception passive d'information) et c'est à mon sens un des grands problèmes de ces études... Et il est totalement impossible de faire un lien direct entre le temps passé devant la télé et le trouble d'attention. Le trouble d'attention est en grande partie lié au fait que l'enfant qui est assis sur les bancs d'école n'a pas envie d'être là!

Laurence said...

Merci Catherine, j'ai beaucoup aimé ce post (en lui-même, et avec tous ces liens pour appronfondir). J'ai beaucoup de plaisir à te lire et à suivre votre parcours (aussi bien votre voyage que votre cheminement concernant les choix et les remises en question en tant que parents). Cela me donne un nouvel élan à chaque fois, sachant que moi-aussi j'aime me remettre en question et avancer vers de nouvelles modalités plutôt que de rester enfermée dans une façon de faire dictée par la peur ou les conventions.
Merci encore!
Laurence (doula, à Pise, Italie)

Catherine said...

Bonjour Laurence! Je suis heureuse de savoir que tu nous suis encore! J'espère que la vie est belle par chez vous! Je m'ennuie de l'Italie! J'ai hâte d'y retourner avec mes filles! Je suis contente de savoir que mes billets te parlent et t'inspirent. N'hésite pas à en discuter davantage ici si tu le souhaites! Au plaisir!

Anonymous said...

chere Catherine,quelle joie de te suivre. que dire a part que c'est exactement notre cheminement a nous aussi. je voulais aussi te demander de me pardonner d'avoir ete maladroite je le crains en parlant budget en vue d'un demenagement a Sherbrooke. si je t'ai blessee c'etait vraiment tout le contraire de mon intention. dans 15jours nous repartons pr le Nord des US dont 2 road trips, un a DC et un Montreal/Ottawa.

I. said...

woops j'ai signe en anonyme, je corrige ca.

Catherine said...

Non, non, non, pas du tout, Isabelle! Je vais suivre vos aventures avec intérêt!

Catherine said...

Oups, je vois que tu n'écris plus sur ton blog... Le reprendras-tu pour les voyages?

I. said...

ah ouf, me voila rassuree.
le blog, ah le blog, j'arrive pas a m'y coller. j;en avais recommence un nouveau en arrivant en Suisse mais passee la premiere semaine, je n'y arrive pas.
il faudrait. p-e que je pourrais commencer par juste les photos.
en tous cas je profite a 100pcent des tiennes, que je trouve a couper le souffle!
merci d'etre la en tous cas!

Andréann said...

Je relance la discussion... Pour la télé, je pense que ça fait parti de "contrôler l’environnement". On a pas de télé câblée, donc pas de pub. On a netflix et ma fille est assez grande (4 ans) pour choisir les émissions, donc en acceptant qu'elle l'écoute j'accepte ses choix. Par contre, je suis d'avis que trop de télé est nocive (surtout pour son petit frère de 2 ans) et j'ai instauré une sorte de règle, le matin on joue dans la salle de jeux jusqu'au diner. Elle demande parfois à avoir un film avant et ça dépend vraiment de la situation, mais habituellement je lui propose d'autre chose et elle change d'idée. J'ai conscience que c'est de la manipulation, mais je sais qu'elle va en écouter un après le diner et elle aussi, et je suis convaincu que trop c'est pas bon, je le vois dans leur comportement. C'est vraiment mon dernier rempart, pour reprendre ton analogie. Probablement que je vais "lousser" à mesure qu'ils vont vieillir.